LaurEat du Prix Nobel et du prix Pulitzer, O’Neill semble dédier chacune de ses pièces à tous les inconsolés du monde... Il situe la trame d’Une lune pour les déshérités en 1943, l’année du suicide de son frère, Jamie. Lequel est le modèle évident du personnage de James, le comédien raté de Broadway, le propriétaire de la ferme des Hogan.
Le monde rude de fermiers irlandais déracinés dans le Connecticut… Mais un monde où l’on conjure le mauvais sort en se jouant des bons tours, en provoquant le pouvoir établi, en célébrant la vie et l’amitié et aussi parfois en s’abandonnant à l’espoir d’une autre vie. Il y a donc là James qui noie ses tourments dans le whisky en ressassant une vieille rengaine sentimentale… Et il y a Josie Hogan qui sous ses airs de délurée est aussi pure que la légendaire dame à la licorne, la vierge auprès de qui les âmes damnées trouvaient le salut. James et Josie n’oseraient jamais se dire qu’ils s’aiment mais cette fois ils se sont donnés rendez-vous au clair de lune pour une nuit qu’ils ont rêvée différente des autres. Et qui le sera…
Oui quelque chose comme une nuit d’amour. Et de rédemption aussi. Même si l’aube aura une lumière de crépuscule.