Des acteurs de bonne foi? Drôle d’idée! Tout acteur n’est-il pas un menteur? Oui, mais un menteur qui peut dire la vérité! Et dans un monde régi par les apparences et les convenances, n’est-ce pas dans le jeu que se trouve la vérité, et par le jeu qu’elle se révèle? Avec cette courte pièce, son avant-dernière, Marivaux prouvait à nouveau son immense talent et, pour reprendre les termes de Jean Vilar, l’étendue de sa cruauté.
Afin de divertir la future belle-mère de son neveu, Madame Hamelin a demandé à un valet de présenter une comédie. Celui-ci se lance alors dans un impromptu le mettant en scène, lui, un jardinier et deux servantes, s’amusant à unir différemment les couples qu’ils forment en réalité et laissant à la nature le soin de fournir les dialogues.
«Et cette nature-là sera bouffonne», prévient Merlin! Un avertissement que lance également la Compagnie du Passage, qui après Les peintres au charbon, poursuit son aventure sur le terrain de la comédie, plus grinçante cette fois!