Où se déroule cet étrange entretien entre Alexandre et Socrate? Peut-être en Grèce, sur l’agora, parmi la foule innombrable des passants anonymes? Ou, plus modestement, dans un petit dortoir faiblement éclairé, au plus secret de la nuit? Parce qu’il nous oblige à regarder autrement, Eloge de la faiblesse est un texte authentiquement philosophique. L’auteur nous invite à nous interroger sur la distinction entre normal et anormal et aussi, dans un combat joyeux, au dépassement de soi.
«Alexandre Jollien craignait la façon dont serait représenté le
handicap. Il est plus que rassuré, comblé. Si, dans le texte,
Jollien évoque ses gestes désordonnés comme ceux d’un
chef d’orchestre incohérent, l’acteur n’illustre
en rien ces propos. Une légère torsion de la voix suffit à créer
l’étrangeté. Longtemps, à peine visible derrière
les stries, le corps de l’acteur (Robert Bouvier, fort en tact) va
peu à peu se dévoiler, au fur et à mesure que le texte
s’écarte de son cas particulier.»
Libération